Sophrologie : ne laissons pas les autres écrire notre métier
Une norme se révise autour d’une table. L’avenir d’une profession aussi. Le SSI appelle les syndicats et les écoles de sophrologie à prendre toute leur place dans les travaux qui se préparent auprès d’AFNOR.
Pendant la période douloureuse de la Covid, alors que nos cabinets traversaient une crise sans précédent et participaient à l'opération "blouse blanche", le Syndicat des Sophrologues Indépendant a participé à l’élaboration de la norme AFNOR consacrée à la qualité de service du sophrologue. Aux côtés d’écoles et d’autres organisations professionnelles, nous avons apporté notre expérience, consacré du temps aux échanges et engagé 7 500 euros dans ce travail collectif.
Pour notre syndicat, cette somme représentait un effort considérable. Nous l’avons assumé parce que nous avions une conviction : les sophrologues devaient participer à la définition des repères de leur profession.
Cette conviction demeure. Elle nous oblige aujourd’hui à nous mobiliser de nouveau.
Une révision à préparer, une place à tenir

Publiée en 2021, la norme NF S99-805 est aujourd’hui en réexamen. Elle porte notamment sur l’accompagnement, la formation, les conditions d’exercice et la déontologie. Son application est volontaire : elle ne constitue ni une loi ni une reconnaissance médicale de la sophrologie. Elle offre cependant un cadre de référence pour la qualité de nos services.
Lors de mon entretien du 8 octobre avec un responsable d’AFNOR, un point a été précisé : ce réexamen correspond au rendez-vous prévu cinq ans après la publication. Il permet de déterminer si le texte doit être maintenu ou évoluer. Des demandes de modification ont été exprimées, mais les modalités d’une révision restent à organiser.
Il serait donc excessif de parler d’un texte déjà réécrit ou de décisions déjà arrêtées. Il serait tout aussi imprudent d’attendre que tout soit organisé pour nous manifester.
Notre interlocuteur nous a invités à contacter les autres syndicats de sophrologie, à mobiliser les écoles et à préparer un échange commun avec AFNOR. Le message est clair : notre participation doit se construire dès maintenant.
D’autres organismes, dont le champ d’activité dépasse la sophrologie, souhaitent également s’investir. Les travaux de normalisation sont ouverts aux parties intéressées. Nous respectons ce principe. Mais cette ouverture doit s’accompagner d’une place réelle pour celles et ceux qui connaissent notre métier, l’exercent, le transmettent et le défendent depuis plus de vingt ans.
La voix des sophrologues doit peser dans un texte consacré aux sophrologues.
Clarifier notre pratique, protéger le public
Pourquoi participer ? Parce que les mots employés dans une norme ont des conséquences. Ils peuvent éclairer notre pratique, mais aussi entretenir des confusions sur ce que nous proposons et sur nos limites.
Au cours de notre entretien, le responsable d’AFNOR a évoqué la nécessité de revoir certaines formulations liées à la santé et au médical. Nous devons prendre part à cet examen avec une position ferme : la sophrologie accompagne la personne vers le mieux-vivre et le mieux-être. Le sophrologue ne pose pas de diagnostic, ne prescrit pas de traitement et ne demande jamais d’abandonner un suivi médical.
Cette clarté protège les personnes accompagnées. Elle protège également les professionnels sérieux contre les promesses abusives et les pratiques qui brouillent l’image de notre métier.
Notre contribution devra partir de la réalité des cabinets : les attentes des clients, la qualité de leur information, les compétences nécessaires, les engagements déontologiques et les limites de l’accompagnement. Une norme utile doit pouvoir être comprise et appliquée sur le terrain.
Le SSI sonne le rappel
Nous appelons donc les syndicats, les fédérations et les écoles de sophrologie à se rapprocher pour préparer des propositions communes.
Nous avons des différences. Elles ne doivent pas nous empêcher de défendre ensemble des exigences essentielles : une formation sérieuse, une information honnête, une pratique responsable et le respect du public.
Il ne s’agit pas d’effacer nos identités. Il s’agit de nous accorder sur ce qui engage l’avenir de tous les sophrologues.

La question financière devra également être traitée avec transparence. Le responsable d’AFNOR a évoqué la possibilité d’une organisation plus souple et d’un coût inférieur à celui de l’élaboration initiale. Aucun montant définitif n’a toutefois été annoncé. Nous demanderons un cadre précis, compatible avec les moyens de nos organisations et respectueux des cotisations de nos adhérents.
Les 7 500 euros engagés hier par notre SSI témoignent de notre volonté de construire. Notre mobilisation aujourd’hui doit permettre de poursuivre ce travail avec discernement.
Être présent, proposer, discuter et défendre nos exigences : voilà notre responsabilité. L’avenir de la sophrologie mérite que nous nous retrouvions autour de la même table.
Alain Giraud
Président du Syndicat des Sophrologues Indépendants



