Après avoir interrogé treize formations politiques au début de l’été, le Syndicat des Sophrologues Indépendants adresse aujourd’hui ses propositions à six candidats déclarés à l’élection présidentielle de 2027. Cette démarche indépendante et non partisane poursuit un objectif : obtenir des engagements concrets pour mieux encadrer la profession, protéger le public et reconnaître les sophrologues sérieusement formés.
Une première interpellation adressée à treize partis
Au début de l’été 2026, le SSI a contacté treize formations politiques afin de connaître leur position sur l’avenir de la sophrologie professionnelle et, plus largement, sur celui des métiers d’accompagnement de la personne vers un mieux-vivre.
Nous les avons interrogées sur plusieurs sujets essentiels : la qualité des formations, la reconnaissance des compétences, l’encadrement déontologique, la protection du public et la représentation institutionnelle de milliers de professionnels indépendants.
Deux formations politiques nous ont répondu.
Horizons a engagé le dialogue en nous mettant en relation avec un interlocuteur chargé des questions de santé et de prévention.
Bruno Retailleau, président des Républicains, nous a adressé une réponse écrite le 21 juillet 2026. Il y reconnaît l’importance de trois sujets : l’encadrement des métiers d’accompagnement de la personne, la reconnaissance officielle des compétences, des parcours de formation et des qualifications professionnelles, ainsi que la place de ces métiers dans les politiques publiques de prévention et de qualité de vie au travail.
Il précise également que ces questions sont étudiées par les groupes de travail chargés de préparer le projet présidentiel des Républicains et invite le SSI à lui transmettre ses propositions.
Cette réponse constitue une ouverture importante. Elle doit maintenant être suivie d’un véritable travail de fond et d’engagements politiques précis.
Six candidats directement sollicités
Ce 2 septembre 2026, le SSI adresse un courrier nominatif à six candidats déclarés à l’élection présidentielle : Bruno Retailleau, Gabriel Attal, Marine Le Pen, Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe.
Ces personnalités représentent des sensibilités politiques très différentes. C’est un choix volontaire.
Le SSI est indépendant de toute école de formation et de tout mouvement politique. Il ne soutient aucun candidat et ne donne aucune consigne de vote. Son rôle consiste à défendre la profession et à demander à celles et ceux qui aspirent à gouverner la France de prendre position sur des questions trop longtemps laissées dans l’ombre.
Notre indépendance ne peut pas signifier notre silence.
Les huit propositions du SSI
Les courriers adressés aux candidats présentent huit mesures élaborées à partir des revendications du SSI et des travaux conduits avec la Chambre des Professions de la Prévention et de l’Accompagnement à la Santé.

Adopter un socle déontologique commun
Le public doit bénéficier de garanties clairement identifiables : respect du consentement, confidentialité, information loyale, absence d’emprise et interdiction de toute promesse de guérison.
Le sophrologue doit également connaître les limites de son intervention et orienter son client vers un professionnel de santé chaque fois que la situation l’exige.
Encadrer sérieusement la formation
Il n’est plus acceptable que des personnes puissent s’installer comme sophrologues après des cursus excessivement courts ou dépourvus de véritable évaluation.
Le SSI défend une formation initiale d’au moins 300 heures, complétée par une formation continue et une démarche régulière de covision ou de supervision.
La liberté d’entreprendre doit rester compatible avec la compétence et la responsabilité professionnelle.
Adapter l’accès aux certifications professionnelles
Les critères de France Compétences doivent mieux prendre en compte la réalité des professions indépendantes : démarrage progressif, reconversion, temps partiel, pluriactivité et revenus variables.
Une qualification sérieuse ne devrait pas être exclue du Répertoire national des certifications professionnelles au seul motif que son modèle économique ne correspond pas à celui du salariat traditionnel.
Créer une certification transversale de praticien responsable
Après l’obtention d’une qualification propre à sa discipline, chaque praticien pourrait valider une certification complémentaire portant sur ses obligations juridiques, administratives et déontologiques.
Cette certification aborderait notamment les limites d’intervention, le devoir d’information, la protection des données, l’assurance professionnelle et la prévention de la perte de chance.
Installer une commission permanente de concertation
Cette commission réunirait les ministères concernés, les organisations professionnelles représentatives, les associations d’usagers, des juristes, des mutuelles et des représentants du monde de la santé.
Le SSI et la CPPAS doivent être associés aux décisions qui concernent directement l’avenir de leurs professions. On ne peut plus élaborer des règles sans entendre celles et ceux qui exercent quotidiennement sur le terrain.
Organiser la lutte contre les dérives
Une instance paritaire, travaillant en lien avec la Miviludes, permettrait de mieux identifier et traiter les dérives sectaires, commerciales ou éthiques.
Les organisations professionnelles responsables doivent participer à cette vigilance. Elles sont souvent les premières à repérer les comportements dangereux et à défendre une pratique respectueuse du public.
Cette coopération éviterait également que l’ensemble d’une profession soit injustement assimilé aux agissements d’une minorité.
Mettre à disposition une information publique fiable
Une plateforme nationale devrait présenter, pour chaque discipline, ses usages raisonnables, ses limites, les qualifications attendues et les obligations professionnelles.
Elle permettrait au public de mieux choisir son praticien et de repérer les promesses trompeuses ou les comportements inadaptés.
Identifier économiquement et socialement notre secteur
Le CEREQ, la DARES et l’INSEE doivent disposer de référentiels fiables pour mesurer le nombre de professionnels, leur activité et leur poids économique.
Ce travail est indispensable pour envisager la création d’une branche professionnelle ou une intégration cohérente dans une branche existante. Sans données précises, il ne peut exister ni véritable dialogue social ni représentation durable.
Installer une commission permanente de concertation
Cette commission réunirait les ministères concernés, les organisations professionnelles représentatives, les associations d’usagers, des juristes, des mutuelles et des représentants du monde de la santé.
Le SSI et la CPPAS doivent être associés aux décisions qui concernent directement l’avenir de leurs professions. On ne peut plus élaborer des règles sans entendre celles et ceux qui exercent quotidiennement sur le terrain.
Organiser la lutte contre les dérives
Une instance paritaire, travaillant en lien avec la Miviludes, permettrait de mieux identifier et traiter les dérives sectaires, commerciales ou éthiques.
Les organisations professionnelles responsables doivent participer à cette vigilance. Elles sont souvent les premières à repérer les comportements dangereux et à défendre une pratique respectueuse du public.
Cette coopération éviterait également que l’ensemble d’une profession soit injustement assimilé aux agissements d’une minorité.
Mettre à disposition une information publique fiable
Une plateforme nationale devrait présenter, pour chaque discipline, ses usages raisonnables, ses limites, les qualifications attendues et les obligations professionnelles.
Elle permettrait au public de mieux choisir son praticien et de repérer les promesses trompeuses ou les comportements inadaptés.
Identifier économiquement et socialement notre secteur
Le CEREQ, la DARES et l’INSEE doivent disposer de référentiels fiables pour mesurer le nombre de professionnels, leur activité et leur poids économique.
Ce travail est indispensable pour envisager la création d’une branche professionnelle ou une intégration cohérente dans une branche existante. Sans données précises, il ne peut exister ni véritable dialogue social ni représentation durable.
Une profession à reconnaître sans la médicaliser
Le SSI ne demande pas que les sophrologues deviennent des professionnels de santé. La sophrologie ne remplace ni la médecine, ni la psychologie, ni les professions paramédicales.
Nous ne réclamons pas non plus la création d’un ordre professionnel ou l’instauration de privilèges.
Nous voulons un cadre lisible qui protège le public, distingue les professionnels compétents et respecte la liberté d’entreprendre. Les clients doivent pouvoir choisir librement leur sophrologue en disposant d’informations fiables sur sa formation, son expérience et ses engagements déontologiques.
Il existe aujourd’hui une contradiction majeure : les pouvoirs publics alertent régulièrement sur certaines dérives, mais ils maintiennent un flou qui favorise précisément ces dérives.
Il est temps de sortir de cette zone grise.
Le militantisme syndical au service de la profession
Le militantisme du SSI ne consiste pas à défendre sans discernement toutes les personnes qui utilisent le titre de sophrologue.
Il consiste à promouvoir la compétence, l’éthique et la responsabilité. Il vise à distinguer les professionnels sérieusement formés de ceux qui s’improvisent, ainsi que les pratiques respectueuses des promesses irréalistes.
Être militant, c’est continuer à interpeller les responsables politiques lorsque les réponses tardent. C’est défendre les professionnels qui se forment, entreprennent, cotisent et accompagnent quotidiennement leurs clients. C’est aussi protéger les personnes qui recherchent un accompagnement sérieux vers un mieux-vivre.
Des engagements attendus
Le SSI propose la création, dans les cent premiers jours du prochain quinquennat, d’une mission interministérielle associant notamment les ministères du Travail, de la Santé et de l’Économie. Le SSI et la CPPAS devront y être officiellement représentés.
Une feuille de route publique pourrait ensuite être présentée dans les douze mois suivant l’élection. Elle porterait sur la formation, la certification, l’information du public, la lutte contre les dérives et l’identification du secteur.
Nous demandons également à chaque candidat de recevoir une délégation du SSI afin d’étudier ces huit propositions et de préciser les mesures qu’il serait prêt à inscrire dans son programme présidentiel.
Les sophrologues ne demandent ni faveur ni privilège. Ils demandent que leur profession soit enfin regardée avec sérieux.
Le SSI continuera donc d’interpeller, de proposer et d’agir.
Parce qu’un syndicat indépendant ne se contente pas d’observer le débat public : il y porte la voix de ses adhérents et y défend l’avenir de leur profession.
Alain GIRAUD
Président national du Syndicat des Sophrologues Indépendants
Secrétaire général de la CPPAS




